100 milliards de dollars pour un accès universel à internet en Afrique d’ici 2030 (Banque mondiale)

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Dans un nouveau rapport, la Banque mondiale estime à 100 milliards de dollars les investissements nécessaires pour l’accès universel à un internet haut débit en Afrique d’ici 2030.

Alors que moins d’un tiers des Africains sont actuellement connectés à l’internet haut débit, le montant des investissements nécessaires pour garantir un accès universel, abordable et de qualité sur l’ensemble du continent d’ici 2030 s’élève à 100 milliards de dollars. Tel est le constat d’un nouveau rapport présenté à l’occasion des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque mondiale. La Banque mondiale plaide également pour des mesures urgentes afin de combler le retard en matière de connectivité et définit une série d’étapes à suivre pour réaliser cet objectif ambitieux.

Fruit des travaux du Broadband for All Working Group, le rapport propose un éclairage concret et des pistes pour parvenir à cet objectif, dont un plan d’action détaillé.

Selon le rapport, près de 80 % du total des investissements nécessaires sont directement liés au déploiement et à l’entretien des réseaux large bande. « Mais connecter les populations actuellement privées d’accès à l’internet haut débit ne se limite pas aux seules infrastructures : environ 20 % des investissements concernent le développement des compétences numériques des usagers et la création de contenu local, sachant qu’entre 2 et 4 % des investissements devront par ailleurs viser la mise en place d’un cadre réglementaire adapté. Alors que le secteur privé a été à l’origine des initiatives les plus réussies en matière de haut débit, les organismes publics ont un rôle crucial à jouer, qu’il s’agisse de réglementer le secteur, pallier les éventuelles défaillances du marché ou installer les conditions propices à un accès ouvert et concurrentiel. »

Garantir un accès universel au haut débit signifie, pour les pays africains, connecter plus de 1,1 milliard d’individus supplémentaires. « Une ambition qui exigera des efforts inédits et concertés des gouvernements, du secteur privé, des partenaires du développement et de la société civile. Mais, selon le rapport, l’investissement en vaut la peine », indique le rapport.

Selon Makhtar Diop, vice-président de la Banque mondiale pour les infrastructures, « cette stratégie numérique est avant tout une stratégie de soutien à la croissance et à l’emploi. Environ 450 millions de personnes devraient rejoindre les rangs de la population active en Afrique entre 2015 et 2035. Si les tendances actuelles perdurent, moins d’un quart d’entre elles décrocheront un emploi stable. L’extension de l’accès à l’internet va permettre de créer des millions de débouchés. »

Seulement, à en croire Doreen Bogdan-Martin, membre de la Commission  sur le haut débit pour le développement durable et directrice du Bureau de développement des télécommunications de l’UIT, « le développement de l’accès internet et de la couverture réseau ne progresse pas dans une grande partie de l’Afrique. Parallèlement, dans un grand nombre de pays, le prix du service est de plus en plus onéreux. »

Toutefois, des solutions existent, notamment pour connecter les 100 millions d’individus vivant en milieu rural et dans des zones isolées, hors de portée des réseaux mobiles traditionnels. Et le rapport propose de mobiliser le secteur privé, recourir à des modèles commerciaux innovants et déployer des technologies alternatives, à l’image des solutions fondées sur le satellite ou le wifi.

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