Capital-risque en Afrique : Un secteur en devenir

Segment encore jeune pour l’accompagnement et le soutien des startups, le capital-risque a de beaux jours devant lui, en Afrique. D’après une étude de Disrupt Africa (2016), « les premières statistiques ne sont apparues qu’en 2015, où l’on estimait que 185 à 277 millions de dollars de capital avaient été investis dans 55 à 125 startups. » Deux ans plus tard, en 2017, le fond d’investissement, Partech Ventures, a estimé le capital-risque investit sur le continent entre 195 à 560 millions de dollars de capital, et concernerait 128 à 160 opérations.

Rien de comparable à ce qui se fait ailleurs dans le monde. Durant la même année (2017), 72 milliards de dollars ont été levés par les startups pour plus de 5 000 opérations, aux Etats-Unis ; 71 milliards de dollars pour plus de 2 800 opérations, en Chine et 18 milliards ont été investis en Europe pour 2 500 opérations environ.

Leadership des pays anglophones 

Pour autant, l’Afrique se démène vigoureusement pour rattraper son retard. Et des pays pays comme l’Afrique du Sud, le Kenya ou encore le Nigeria en sont les têtes de pont. Ainsi, Amadeus Capital Partners, investisseur international spécialisé dans le secteur des technologies (fintechs, intelligence artificielle, santé numérique, médias en ligne, etc.) a ouvert un bureau au Cap et lancé son Digital Prosperity Fund. 400 startups, soit plus de 60 % du total pour tout le continent, font de ce Sillicon Cape, le plus grand centre technologique d’Afrique. Travelstart, agence de voyage en ligne, a bénéficié de ce fonds un montant de 40 millions de dollars, en 2016. L’apport de capital d’Amadeus a permis à la startup, fondée par Stephean Eckberg, d’asseoir sa position en Afrique du Sud, puis de monter en puissance au Nigeria, au Kenya et en Égypte.

D’autres marchés africains affichent également du potentiel, mais dans une proportion moindre. Avec sa Silicon Savannah, le centre de Nairobi,  la capitale kenyane abrite quelques 150 startups. Cependant, l’étroitesse du marché local affecte leur développement rapide et efficiente. A part les plateformes M-Pesa, pour le mobile money ou M-Poka pour l’énergie off-grid (solaire), les startups kenyanes ont du mal à obtenir les fonds nécessaires à un développement panafricain. Le Nigéria, avec le centre technologique de Yaba, dans la banlieue de Lagos, abrite une cinquantaine de startups. Certaines tirent peu ou prou leur épingle du jeu. C‘est le cas de Jumia, fondée en 2012 et active dans le e-commerce, la finance et la recherche d’emplois, une des rares à franchir le cap du milliard de dollars de capitalisation.

Hawa THIAM

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