Ce que disait Koffi Annan sur l’importance de l’Internet et des TIC

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De son usage en matière électorale, en passant par l’énergie ou encore l’agriculture, Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations Unies, disparu le 18 août 2018, à l’âge de 80 ans, avait foi en la technologie. Voici ce qu’il en disait, invitant les dirigeants politiques à se l’approprier au grand bénéfice de leurs populations. Innovafrica publie un extrait de son discours prononcé au Massachusetts Institute of Technology (MIT) en 2015, dans lequel il partage ses vues sur la manière dont les progrès technologiques pourraient améliorer l’état du monde.

« Deux ingrédients essentiels peuvent aider à résoudre ces crises : la technologie et la volonté politique. L’utilisation de systèmes électroniques pour l’inscription et l’identification des électeurs et le décompte des votes peuvent accroître la confiance et réduire les soupçons dans les pays où il existe des cas de fraude électorale. Pourtant, la meilleure technologie est inutile si les décideurs ne sont pas disposés à accepter les résultats et à gouverner de manière à servir le public plutôt que leurs propres intérêts.

La technologie appliquée à l’énergie solaire, éolienne et géothermique peut aider nos économies à écologiser et éviter une catastrophe climatique imminente. Cependant, sans la volonté politique d’investir, de promouvoir et de diffuser ces technologies, nous n’irons pas très loin. Les techniques agricoles avancées, si elles sont accessibles aux petits exploitants, amélioreront la productivité. Les cultures résistantes à la sécheresse et les systèmes d’irrigation améliorés pourraient faire de l’Afrique un exportateur mondial de produits alimentaires et une centrale agricole. La technologie numérique est très prometteuse, car elle permet aux nombreux petits exploitants agricoles africains disparates de s’organiser de manière simple et efficace pour négocier de meilleurs prix et obtenir de plus grands marchés.

Internet peut apporter des connaissances aux zones les plus reculées de la planète. Les moyens financiers pour offrir un enseignement de pointe ne sont plus la condition préalable à l’accès à des connaissances de pointe. La technologie peut transporter ces connaissances en temps réel, à faible coût, dans des zones où il n’y a même pas d’école, sans parler des universités.

Le Big Data peut prédire la propagation des virus en fonction du comportement de la communauté sur les moteurs de recherche et de la fréquence à laquelle ils tapent des mots-clés tels que la grippe. Cela peut rendre la gestion des interventions en cas de catastrophe plus efficace en prévoyant les mouvements de réfugiés et en préparant les premiers intervenants à l’avance. Mais encore une fois, sans le bon cadre politique garantissant que les données volumineuses ne sont pas utilisées abusivement, notre vie privée, voire notre liberté, seront en danger.

En résumé : investissons dans la technologie et adoptons-la ; cela rend le progrès possible. Mais la technologie ne nous libère pas du besoin de leadership ; cela rend le leadership d’autant plus important. N’oublions donc pas que la technologie ne peut à elle seule nous décharger de notre responsabilité politique, de veiller à ce que nous l’utilisions avec sagesse et efficacité pour le bien de la société partout dans le monde. »

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