Economie numérique : Accusée de fraude, Jumia dénonce une tentative de « court-circuiter (son) envol »

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Jumia a-t-il fraudé pour réussir son entrée en bourse ? C’est la grave affirmation contenue dans le rapport publié par Citron Research et démenties par la licorne du e-commerce.  Des enquêtes sont commanditées par les investisseurs.

Qui en veut à Jumia ? L’entreprise de e-commerce a-t-elle gonflée ses chiffres pour son introduction à Wall Street? Après des débuts retentissants à son introduction à la bourse de New-York, l’action Jumia a connu une baisse de six jours consécutifs. Celle-ci pourrait se poursuivre si l’on en croit le rapport publié, ce 9 mai 2019, par Citron Research. Le bulletin d’investissement en ligne, anciennement StockLenon.com, fondé par le sulfureux Andrew Edward Left, argue en effet que la licorne estampillée « africaine » basée à Dubaï, et constituée en Allemagne par des fondateurs français, était frauduleuse, affirmant que ses fonds propres « ne valaient rien. » Citron Research révèle une surestimation de 20 à 30% du nombre des consommateurs et des marchands actifs, ainsi que la dissimulation du nombre de produits retournés, non livrés ou annulés qui serait de 41%. « Jumia a gonflé son pool d’utilisateurs et de marchands actifs et n’a pas divulgué son taux de retours et d’annulations de commandes dans son dossier S1 bien que cela ait été le cas dans la présentation précédente de l’investisseur », peut-on lire dans le rapport.

Depuis la publication du rapport de Citron, le titre Jumia a connu une baisse de 40 %, selon le site d’informations Real Money.

Qui est Andrew Left, le sulfureux accusateur de Jumia ?

Toutefois, ce n’est pas la première fois que Citron déclarent de telles contre une société cotée en bourse. En effet, la société s’est taillée une réputation en matière de rapports faisant état de fraude, mais son fondateur n’est pas si blanc comme neige. En 2016, Left, qui se décrit comme un vendeur à découvert activiste, a été interdit de négoce à Hong Kong pour une période de cinq ans par un tribunal des délits du marché. Des appels ont également été lancés, y compris une pétition, demandant à la Securities and Exchange Commission (SEC), l’organe fédéral américain de réglementation et de contrôle des marchés financiers, d’enquêter sur une « manipulation » de la part de Citron et des rapports visant à « dissuader les investisseurs de réagir exagérément. » Selon un investisseur américain expérimenté dans les technologies, qui préfère l’anonymat, les propos du fondateur de Citron Research n’engagent que ceux qui y croient. « Tout le monde peut dire n’importe quoi sur les médias sociaux, qu’il soit long ou court, mais je ne prendrais jamais une décision d’investissement en fonction de ce qu’il dit. »

En attendant le résultat des enquêtes commanditées par les investisseurs, chez Jumia Group, on reste zen. Sacha Poignonnec, co-fondateur s’inscrit en porte-à-faux, et parle d’une tentative « de nuire et de court-circuiter l’envol de Jumia. »

Hawa THIAM

Voir également : « L’Afrique doit assurer sa souveraineté numérique, pour créer d’autres Jumia », Elimane Patrick Mbengue, président du GOTIC

E-commerce : Jumia prépare son entrée à la bourse de New York

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