Etude : 98% des sondés affirment l’existence d’un modèle d’innovation (numérique) typiquement africain

Existe-t-il un modèle d’innovation typique à l’Afrique ? D’après une récente étude de Havas Horizons sur la perception des économies africaines à horizon 2023, les contours d’un « modèle typiquement africain » de l’innovation se dessinent bel et bien. « 98 % des sondés s’accordent à qualifier de ‘prometteur’ le secteur de l’innovation et des nouvelles technologies partout en Afrique », peut-on ainsi lire dans le rapport. C’est pourquoi, 68% d’entre eux comptent investir ou renforcer leurs investissements dans ce domaine durant les cinq prochaines années.

Parmi les pays africains, le Kenya fait figure de leader incontesté de l’innovation sur le continent. Dans ce pays d’Afrique de l’Est, l’équivalent de 40% du PIB transite par le portefeuille de monnaie électronique M-Pesa. Un grand nombre d’incubateurs y stimulent l’éclosion de startups à succès, principalement basées dans la Savannah Valley. Viennent ensuite l’Afrique du Sud, le Rwanda, le Maroc, le Nigeria et le Sénégal.

Dans cet écosystème numérique africain en plein essor, le mobile occupe une place centrale. Selon Serge Ntamack, directeur de Programmes, Corporate External & Legal Affairs de Microsoft Middle East & Africa, cité dans l’étude, « le mobile est l’instrument principal d’accès à Internet et aux services en Afrique. C’est grâce à lui que l’Afrique se développe et c’est une vraie particularité du continent par rapport aux pays développés ». En d’autres termes, le modèle africain d’innovation se concentre principalement autour du numérique, en particulier des technologies liées aux services financiers et aux télécommunications.

L’étude de Havas Horizons indique également que le concept du « leapfrogging » (littéralement saut de grenouille), qui renvoie à un processus d’évolution technologique rapide permettant de sauter les étapes intermédiaires et de franchir en une seule fois plusieurs paliers de développement dans un domaine bien déterminé est aussi au cœur de ce modèle d’innovation « à l’africaine ». En effet, cette dynamique transforme un retard en un avantage et permet de contourner un manque d’infrastructures. C’est le cas du développement rapide de la téléphonie mobile, qui dispense une grande partie du continent africain de se doter d’un réseau de téléphonie filaire, ou encore du mobile banking, qui a permis à des centaines de millions d’Africains de zapper la case agence bancaire. Intitulé « Financer la croissance africaine à l’horizon 2023 : perception des investisseurs internationaux », l’étude de Havas Horizons a été publié fin juillet 2018.

Abdoulaye NIANG

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