Inclusion financière : des spécialistes préconisent les solutions numériques

Comment favoriser l’inclusion financière des populations de la zone UEMOA et, par-delà, de l’Afrique ? Par l’usage des technologies digitales, disent en chœur des spécialistes de la finance et de l’écosystème numérique, lors d’un panel, en marge du sixième Salon monétique régional, tenu à Dakar, les 21 et 22 juin 2018.

Sur le thème de l’innovation dans le contexte des paiements, divers experts Africains ont planché avec, en toile le fond, le souci du développement de l’inclusion financière des populations africaines.

D’emblée, le directeur général du GIM-UEMOA a rappelé l’importance des solutions numériques pour l’inclusion financière des populations africaines et le développement des Etats.

Citant le gouverneur de la Bceao, Elmehdi Bouchra, Area sales manager chez S2M s’est d’abord voulu péremptoire :« L’inclusion financière, a-t-il dit,est une question de dignité. » Ensuite, a-t-il ajouté,  «l’inclusion financière et la bancarisation sont des facteurs importants dans le développement des nations. Car, pense-t-il, celui qui entre dans le système financier digital est une personne susceptible de créer de la richesse. »

Aujourd’hui, avec l’apport des technologies numériques, la problématique de l’inclusion financière pourrait trouver une solution pérenne. Prenant l’exemple de la blockchain, le directeur général adjoint de l’African Payment Gateway, Mbaye Sek Diop, pense qu’avec sa particularité, cette technologie devrait enrôler beaucoup plus d’adhérents. En effet, la blockchain est une technologie de stockage, de transmissions d’informations, transparente sécurisée, mais surtout fonctionnant sans organe central de contrôle. C’est pourquoi, d’ailleurs, elle est aujourd’hui adoptée par les fintechs.« La seule condition pour les utilisateurs et les acteurs réside dans la confiance qu’ils accordent à cette innovation », précise Diop.

« Lesfintechs, plus agiles »

 En effet, « les fintechs sont plus rapides, plus agiles que les banques et institutions financières classiques », explique Mme Sana Ghaffour, Account manager chez HPS. Insistant sur les avantages qu’offre la digitalisation, elle rappelle, outre la rapidité des opérations de paiements, le caractère transfrontalier des transactions ou encore l’interopérabilité qu’offre la digitalisation des services financiers.

Pour le directeur marketing des solutions de paiement EMEA chez Entrust Datacard, on ne peut parler de digitalisation des services des systèmes de paiement et d’inclusion financière sans que les banques et institutions financières classiques aient à l’esprit cette idée devenue une vérité connue de tous. Selon Jean-Louis Meyer, « le consommateur a des attentes fortes en termes d’accessibilité, d’allègement, etc. D’où l’importance de la digitalisation des services et moyens de paiements. »Serge Doh ne dit pas autre chose. Selon le vice-président chargé du développement international Global Technology Partner,« la carte prépayée, qui est un moyen plus facile d’ouvrir un compte permet grandement à démocratiser la bancarisation », qui connaît un taux très faible en Afrique subsaharienne (environ 10 %).  Carte prépayée, digitalisation des moyens de paiements, blockchain, etc., la palette semble donc fournie pour démocratiser l’accès aux services financiers et ainsi favoriser l’inclusion financière des populations africaines.  Encore faut-il un cadre légal et réglementaire pour encadrer cet essor croissant de solutions innovantes, « qui n’offre pas pas souvent une lisibilité aux utilisateurs », tempère, pour sa part, Abdoul Aziz Mbodj, conseiller Support et organisation auprès du directeur général de la Banque de l’habitat du Sénégal (Bhs). Et le GIM-UEMOA, qui observe tout cela de près, promet, selon son directeur général, de poursuivre la réflexion, conscient de son rôle et des défis.

Hawa THIAM

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