« L’impact du numérique dans la création d’emplois en deçà des attentes » (Rapport)

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C’est ce qu’on peut appeler un verre à moitié plein, à moitié vide. Le numérique joue un rôle indéniable dans le développement économique de l’Afrique. Pour autant, son impact sur la création d’emplois est en-deçà des attentes. C’est du moins ce qui ressort du rapport DigiWorld Yearbook Africa, le groupe de réflexion européen spécialisé dans le numérique.    

Dans l’édition 2019 du rapport DigiWorld Yearbook Africa, un constat : le rôle du numérique dans le développement économique de l’Afrique ces dernières années est incontestable, mais son impact sur la création d’emplois est moins importante que ce qui était attendu. « Nous restons optimistes quant au levier que représente le digital pour le continent africain, mais on constate que le numérique peut tarder à créer les emplois auxquels il prétend », a ainsi indiqué Jacques Moulin, le directeur de l’Idate DigiWorld. Car, selon lui, « la révolution numérique suppose la création d’un nouveau type d’organisation du travail. » En d’autres termes, explique-t-il, « lorsque l’on dit création de nouveaux emplois, ça veut dire mettre en place un programme, mais avec de la méthode et surtout avec de la rapidité, pour faire en sorte que des investissements publics et privés viennent accompagner la mise en place, certes des infrastructures, mais aussi le volet de l’éducation. »

Fracture numérique et réglementations inadaptées

Pour Moulin, il s’agit, entre autres, de mener une réflexion sur les réglementations en cours. Car, dit-il, « si les réglementations ne bougent pas et si l’on reste parfois – pour certains États africains – sur une logique administrative réglementaire de l’ancienne industrie, le numérique risque effectivement de se heurter à, non pas un plafond de verre, mais à un plafond de règles du jeu qui ne sont pas adaptées à cette évolution numérique. »

Pour sa part, Didier Pouillot, coordonnateur du DigiWorld Yearbook Africa, pointe du doigt le problème de l’accès de tous les pays africains à un Internet de qualité. Ce qui, selon lui participe de la fracture numérique qui est toujours d’actualité. « La problématique de la fracture numérique, dès lors qu’aujourd’hui plus de 50% de la population africaine habitent dans des zones rurales, est très prégnante. » Même si, reconnaît-il, « au-delà des réseaux de fibre optique pour l’essentiel, il y a un certain nombre de solutions alternatives aujourd’hui qui commencent à être mises en place, de façon à répondre aux besoins de l’ensemble des populations africaines : le satellite, des solutions de type wifi, le déploiement de la fibre dans les zones urbaines, etc ».

Mouhamed KEBE

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