Sénégal : Experts et acteurs listent les enjeux et opportunités pour les entreprises IT à l’heure de la ZLECAf

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Comment développer les exportations pour les PME et startups sénégalaises du secteur numérique, avec l’appui du Bureau à Mise à Niveau ? Comment peuvent-elles tirer profit de la Zone de libre-échange continentale africaine ? Voilà, entre autres questions, auxquelles des experts ont apporté des réponses édifiantes, ce mardi 26 novembre, à Dakar, lors de la «Matinée du Numérique », le rendez-vous d’échanges ente acteurs des TIC, co-organisé par l’OPTIC et le REJOTIC.

Les participants et organisateurs en redemandent. « D’autres matinées comme celle d’aujourd’hui, doivent être tenues de manière régulière. » Omar Diouf, journaliste au quotidien dakarois, Le Soleil, a, comme parlé pour ses confrères. Pas seulement en tant que coordonnateur du REJOTIC -Réseau des journalistes en TIC-, mais tout simplement parce que, la « Matinée du Numérique », deuxième du nom a été riche en enseignements et informations. Entre communications brillantes et questions pertinentes, les échanges entre journalistes spécialisés en TIC, experts du Bureau de mise à niveau et du ministère du Commerce,  professionnels et entrepreneurs dans le domaine des TIC, ont été on ne peut intéressants.

Diabel Ndao, Diabel Ndao, coordonnateur national du Netherland Trust Fund IV (NTF IV) n’a d’ailleurs pas caché sa joie de voir cette « assemblée réunie autour de l’OPTIC (Organisation des professionnels des TIC, Ndlr) pour discuter avec les acteurs de l’écosystème de stratégies d’exportation IT-BPO des entreprises sénégalaises, les PME et startups du secteur numérique. » Partenaire de choix pour celles-ci, NTF IV a déjà mis 1,7 million d’euros pour leur accompagnement à l’export, dans un esprit de collaboration avec le ministère du Commerce et des PME, l’Agence sénégalaise de promotion des exportations (ASEPEX) et une forte implication de l’OPTIC.

Le Plaidoyer des entrepreneurs médiatiques

Sur l’un des deux thèmes de la rencontre : « Enjeux et défis de la mise à niveau des entreprises -avec focus sur celles du numérique- et opportunités d’accompagnement par le Bureau de Mise à Niveau », M. Ibrahima Diouf a appelé les entrepreneurs, notamment ceux du numérique à poursuivre dans la voie de l’innovation. Pour cela, pense-t-il, « il faut un écosystème fort pour leur permettre de gagner leur place au niveau international. » Un appel qui a reçu comme écho, une de la part de Malick Diouf, CEO de LAfricaMobile. Le boss de la startup sénégalaise de communication multi-opérateurs, qui vient de lever 300 millions de CFA, s’est en effet fait son propre avocat et celui de ses homologues pour exhorter le Bureau de Mise à Niveau (BMN) à mieux regarder du côté des jeunes pousses afin de plus les accompagner. M. Basile Niane Socialnetlink, administrateur du site d’informations spécialisé IT et membre du REJOTIC, est également allé dans le même sens.

En effet, le membre du Conseil national du numérique ne comprend pas pourquoi les entrepreneurs et startupers médiatiques ne bénéficient pour le moment pas des mêmes égards que leurs congénères des autres secteurs ? Des plaidoyers que le patron du BMN assure avoir pris bonne note. En attendant une matérialisation de ces doléances, « le BMN a déjà accompagné onze entreprises du secteur des TIC », a indiqué M. Mamadou Cissokho, expert de l’institution.

« Les télécoms contribuent à hauteur de 4,72 % à la croissance »

Sur le second thème : « la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), état des lieux, enjeux et opportunités pour le secteur privé sénégalais et avantages comparatifs pour les secteur du numérique, des IT et des télécoms », Mme Astou Sow, chef de la Division des négociations commerciales internationales au niveau du ministère du Commerce et des PME, a rappelé que le secteur des TIC constituait le troisième contributeur en termes de création d’emplois, au Sénégal, derrière le transport et la restauration. Mieux, a rappelé la Commissaire aux enquêtes économiques, « au premier trimestre de 2018, les télécoms ont contribué à hauteur de 4,72 % à la croissance nationale. » Et en perspective de l’effectivité de la ZLECAf, les TIC, de manière générale, pourront davantage générer des perspectives économiques considérables au Sénégal.

« Toutefois, a ajouté Mme Sow, plusieurs défis se présentent, notamment ceux liés au développement d’une offre compétitive, la disponibilité des données statistiques, la méconnaissance des destinations des exportations de services, l’insuffisance d’implication du secteur privé, plus particulièrement dans la négociation des accords, etc. »

Discussions enrichissantes s’il en est, la « Matinée du Numérique » de ce mardi 26 novembre 2019, co-organisée par l’OPTIC et le REJOTIC « constitue un partenariat qui doit être renforcé », a indiqué le président de l’OPTIC. Car, pour M. Antoine Ngom, « il n’y a pas meilleur relais des questions qui touchent le secteur et globalement l’économie numérique que le REJOTIC. » Une rencontre à pérenniser, donc.

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