Sénégal : Les professionnels des Tic listent les maux du secteur et proposent des solutions

En conférence de presse, ce vendredi 27 juillet 2018, à Dakar, l’Organisation des professionnels des technologies de l’information et de la communication (Optic) a passé en revue le secteur sénégalais du numérique ; histoire d’en faire le diagnostic en vue de solutionner les problèmes.

 D’emblée, le président de l’Optic, Antoine Ngom (photo) s’est étonné du constat que depuis la mise en œuvre de la Stratégie Sénégal Numérique (SN2025), en 2016, le Sénégal ne s’st pas encore doté d’un comité de pilotage et de suivi, pourtant prévu dans ledit document. Du fait de ce retard dans sa mise en place, « les différents acteurs n’ont aucune visibilité sur la mise en œuvre de cette stratégie qui été élaborée avec un consensus rarement égalé au Sénégal », a-t-il dit.

Tout en se félicitant de quelques avancées, notamment le nouveau code des télécommunications qui a changé de nom pour devenir Code des communications électroniques, Ngom est les siens attendent toujours sa mise en œuvre, de même que la mise en place d’un Conseil national du numérique prévu dans le texte, et dont ils disent rester très attentifs à sa composition et à ses missions.

Le soutien à l’innovation numérique et l’accompagnement des startups, ainsi que qu’un dispositif de partenariat public-privé constituent également des points d’inquiétude soulevés par boss de l’Optic. Le 15 mars 2018, le président Macky Sall lançait le premier Forum du numérique au Sénégal.  A l’occasion, il annonçait une dotation d’un milliard de francs CFA au secteur.

« Vivement un ’digital innovation Act’ » (Président Optic)

« Une somme insuffisante », tirée de l’enveloppe de 30 milliards de francs CFA de la Délégation à l’entreprenariat rapide (Der), si l’on considère le bouillonnement de l’écosystème numérique sénégalais, avec un assez grand nombre de startups et d’entreprises tech peu ou prou aguerries. En effet, le Sénégal fait désormais partie des hubs technologiques qui comptent sur le continent. C’est ainsi que dans le cadre d’un partenariat public-privé, des incubateurs locaux très connus à l’étranger pourraient davantage accompagner et encadrer les jeunes pousses et les entreprises tech en phase de déploiement ou de développement. Dans ce sens, Ngom prône pour un «Digital Innovation act» pour le Sénégal un peu en comparaison avec le «Startup Act » de la Tunisie. Une sorte de discrimination positive, vu que le secteur un fort impact socio-économique. Sur l’accès à la commande publique, la problématique des infrastructures, notamment le Parc des technologies numériques de Diamniadio, le projet Smart Senegal, financé par la Chine et qui a pour ambition de diffuser les Tic dans l’ensemble de l’économie nationale, la libéralisation du secteur des télécoms au profit des fournisseurs d’accès Internet ou encore le Fonds de développement du service universel des télécommunications (FDSUT), entre autres, l’Optic a partagé ses réserves, non sans proposer des solutions. Aux autorités publiques d’en saisir la quintessence et de faire preuve de diligence pour tirer un grand profit de l’écosystème numérique sénégalais, comme d’autres pays, ailleurs sur le continent ou en dehors.

Amadou BA

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